Présentation de la République Démocratique du Congo

Données générales

Nom officiel : République démocratique du Congo

Chef de l’État : Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo (depuis le 24 janvier 2019)

Chef du Gouvernement : Sylvestre Ilunga Ilunkamba (nommé le 20 mai 2019)

Données géographiques

Superficie : 2 345 409 km²

Capitale : Kinshasa (11 millions d’habitants)

Villes principales : Lubumbashi (1,8), Mbuji-Mayi (1,7), Goma (1,1), Kananga (1,1), Kisangani (0,9), Bukavu (0,8)

Langue officielle : français

Langues courantes : lingala, kikongo, tshiluba et swahili

Monnaie : franc congolais (1 EUR = 1863,40 CDF en janvier 2020)

Fête nationale : 30 juin

Données démographiques

Population : 84 millions d’habitants (Estimation Banque mondiale pour 2018)

Densité : 36 habitants/km²

Croissance démographique : +3,2 % (Banque mondiale, 2018)

Espérance de vie (à la naissance) : 48,7 ans (Banque mondiale, 2017)

Taux d’alphabétisation (15 ans et plus) : 55 % (Rapport PNUD, 2017)

Religion(s) : catholiques (40 à 50 %), protestants (40 à 50 %), musulmans (5 à 10 %), kimbanguistes (5 à 10 %)

Indice de développement humain : 184e sur 187 (PNUD, 2018)

Données économiques

PIB (2018) : 41,62 Mds USD courants (Banque mondiale)

PIB/habitant (2018) : 495 USD (Banque mondiale)

Taux de croissance : +4,3 % en 2019 ; 5,8 % en 2018 (FMI)

Taux de chômage (estimation du gouvernement congolais, 2014) : 43 % (peu significatif compte tenu du poids de l’économie informelle)

Taux d’inflation : 5,5 % en 2019; 29,3 % en 2018 (FMI)

Balance commerciale (2018) : 994,16 millions USD

Principaux clients : Chine (43 %), Zambie (24 %), Corée du Sud (8 %), Italie (3,5 %), Belgique (3,3 %)

Principaux fournisseurs : Chine (20 %), Afrique du sud (18 %), Zambie (11 %), Belgique (6 %), Inde (4,3 %), France (3 %)

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB : services : 40 %; industrie (y compris activités extractives) : 32 %; agriculture : 20 %

Production de pétrole brut : 25 000 barils/jour (OMC, 2016)

Exportations de la France vers la RDC : 107 M € en 2018 (DG Trésor)

Importations françaises depuis la RDC : 19 M € en 2018 (DG Trésor)

Entreprises françaises : 27, chiffre d’affaires cumulé de 2 Mds € (2018)

Éléments d’actualité

Politique intérieure

La RDC a vécu la première transition pacifique de son histoire, au terme de l’élection du 30 décembre 2018, avec l’accession de Félix Tshisekedi à la présidence de la République. Issu du parti historique d’opposition fondé par son père, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), Félix Tshisekedi a été élu dans le cadre de la coalition Cap pour le changement (CACH), composé de son parti et de celui de Vital Kamerhe (Union pour la nation congolaise – UNC), aujourd’hui directeur de cabinet du président.

Les élections législatives et provinciales, qui se sont tenues le même jour, ont quant à elle été marquées par la très large victoire du Front commun pour le Congo (FCC), la coalition dont Joseph Kabila est l’autorité morale, qui a remporté 341 des 500 sièges à l’Assemblée nationale.

Compte tenu de cette situation inédite, les deux coalitions ont signé en mars un accord en vue de travailler conjointement à la nomination d’un Premier ministre puis d’un gouvernement. Ce dernier a été nommé le 27 août dernier et est composé de 66 ministres.

Situation sécuritaire

L’Est de la RDC est déstabilisé par l’action de nombreux groupes armés, notamment les Allied Democratic Forces (ADF) rebelles islamistes originaires de l’Ouganda, actifs dans le Nord-Kivu. L’activité de ces groupes, auteurs d’exactions et souvent impliqués dans l’exploitation illégale de ressources naturelles, continue d’être source d’une grave crise humanitaire dans l’Est de la RDC. D’autres provinces du pays sont aussi frappées par une forte insécurité, tout particulièrement dans les provinces du Kasaï, où des violences à large échelle ont lieu depuis août 2016.

Situation sanitaire

La RDC fait face à une épidémie de maladie à virus Ebola qui touche l’Est du pays depuis le 1er août et a fait plus de 2200 victimes (au 20 janvier 2020), soit la plus grave épidémie qu’ait connue la RDC depuis la première apparition du virus en 1976. La réponse est pilotée par le ministère de la Santé congolais et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dans le cadre d’un plan de riposte national, soutenu par de nombreuses organisations nationales et internationales.

La France a nommé le professeur Yves Lévy comme envoyé spécial pour la lutte contre l’épidémie de maladie à virus Ebola afin de coordonner son action. Une feuille de route franco-congolaise, qui prévoit une contribution française de 71 millions d’euros, a été élaborée. Elle contient trois axes d’action : une réponse humanitaire d’urgence pour apporter un soutien aux acteurs de terrain engagés contre l’épidémie et renforcer l’information et la prévention; un renforcement du partenariat scientifique associant les chercheurs français et l’Institut national de recherche biomédicale de Kinshasa (INRB) pour créer un réseau de laboratoires pour le diagnostic, la surveillance et la prévention des épidémies, et mettre en place une étude sur le suivi clinique des survivants à Ebola; des actions de développement pour renforcer le système de santé congolais à moyen et long terme et soutenir des projets dans le domaine de l’eau et de l’assainissement, indispensables pour limiter le risque de propagation des épidémies.

La rougeole et le choléra continuent également à faire de nombreuses victimes sur l’ensemble du territoire congolais.

Situation économique

Les années 2000 ont connu un redémarrage de l’économie congolaise. Cette reprise tenait à l’amélioration des conditions de sécurité dans le pays, mais surtout à un appui massif des bailleurs de fonds. Les indicateurs macro-économiques se sont toutefois détériorés en 2009, en raison de l’impact de la crise financière internationale sur le prix des matières premières, qui a touché de plein fouet l’industrie minière (cuivre, cobalt, zinc, diamants), un des principaux vecteurs de croissance de la RDC. Le taux de croissance est passé de 9,5 % en 2014 à 2,4 % en 2016, pour remonter à 4,3 % pour 2018.

Politique étrangère

Rôle des Nations unies

Le déploiement de l’ONU en RDC a commencé en 1999. La mission de l’Organisation des Nations unies en République démocratique du Congo (MONUC), rebaptisée mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) en juillet 2010, est actuellement dirigée par l’Algérienne Leïla Zerrougui, nommée en février 2018. Les effectifs déployés sont de 20 039personnes au total, principalement à l’Est du pays. Elle dispose d’un budget de 1,08 Md USD pour la période juillet 2019- juin 2020 (dont 58 M € pour la France). La MONUSCO s’est dotée en 2013 d’une brigade d’intervention rapide de 3 000 hommes environ – fournie par l’Afrique du sud, la Tanzanie et le Malawi – capable de conduire des opérations offensives ciblées sur un mode robuste contre les groupes armés. Le mandat de la mission a été renouvelé le 20 décembre dernier, avec pour priorités la protection des civils et la consolidation de l’État congolais et de ses institutions.

Relations avec l’Union européenne

L’Union européenne déploie 640 M € d’aide au développement en RDC sur la période 2014-2020, au titre du Fonds européen de développement. Elle intervient prioritairement dans les secteurs de la réforme du secteur de sécurité, de la santé, de l’environnement et des infrastructures.

L’Union européenne a adopté en décembre 2016 et mai 2017 des sanctions à l’encontre de 16 individus congolais en raison de graves violations des droits de l’Homme et des libertés fondamentales. Ces sanctions ont été renouvelées le 9 décembre 2019 pour 12 d’entre eux.

Le même jour, le Conseil des ministres des Affaires étrangères de l’UE a adopté des conclusions sur la RDC, qui saluent les initiatives prises par le président Tshisekedi afin de répondre à la volonté de changement exprimée par les Congolais. L’UE encourage par ailleurs les autorités congolaises à poursuivre leurs efforts en ce sens, et se tient prête à les appuyer.

Relations régionales

Dans les Grands Lacs, la situation régionale a été marquée par des évolutions progressives et encourageantes à partir de la transition congolaise entamée en 2003. Un accord-cadre régional proposé par le secrétaire général des Nations unies a été signé le 24 février 2013 à Addis-Abeba entre onze États de la région, en présence de quatre garants – les Nations unies, l’Union africaine, la SADC (communauté de développement d’Afrique australe) et la Conférence internationale de la région des Grands Lacs (CIRGL). L’accord engage les autorités de la RDC à réformer leurs forces de sécurité afin de réaffirmer l’autorité de l’État à l’est du pays, outre d’autres réformes de fond à conduire.

La RDC est membre de la CEEAC (communauté économique des États de l’Afrique centrale), de la SADC, du COMESA (marché commun de l’Afrique orientale et australe) et de la Communauté économique des pays des Grands Lacs africains (CEPGL). Le président Tshisekedi a également fait part de son souhait de voir son pays rejoindre la communauté d’Afrique de l’Est.